MOBILISONS-NOUS !

Contexte de la mobilisation

En février 2015, nous avons commencé à entendre des rumeurs de l’arrêt de la prime consentie aux psychologues du secteur de la santé. Nos contacts à l’interne du ministère nous apprenaient à ce moment que les résultats d’analyse des impacts de la prime n’étaient toujours pas disponibles. Nous apprendrons en fin mars que ces résultats ne seront pas disponibles d’ailleurs avant janvier 2016. Ce qui nous porte à croire que la commande vient du Conseil du Trésor et que le ministère de la santé a dû plier l’échine. Le rouleau compresseur d’une logique comptable aveugle ne tient pas compte des aspects humains et sociaux des mesures qui en découlent.

L’APQ a multiplié les démarches auprès des fonctionnaires du ministère, du ministre de la santé, du premier ministre et des media afin de faire valoir les impacts négatifs pour la population, liés à la pénurie de psychologue et au refus de poursuivre la solution qui avait été mise en place. Notre lecture est à l’effet que cette prime a enrayé l’hémorragie et maintenu les effectifs au niveau de 2010, évitant ainsi les scénarios catastrophiques prévus en 2015. Mais voilà, en période d’austérité, cette logique ne tient plus la route : il faut couper. Et la santé mentale a toujours été, historiquement, le parent pauvre du secteur de la santé. La nouvelle se voit confirmée à la mi-mars : la prime cessera le 1er avril 2015. Pendant ce temps, les pharmaciens voient leur prime confirmée.

Le public se retrouve perdant. Les gens dont les conditions sociales ou de santé mentale ne leur permettent pas de bénéficier de revenus suffisants, ne peuvent avoir accès aux cabinets privés des psychologues. Ce sont des gens dont les besoins ne peuvent généralement se régler en une douzaine de rencontres : c’est en effet la réalité de la lourdeur de la première ligne publique. Le plan d’action en santé mentale 2005-2010 confirmait la rentabilité du travail des psychologues en matière de santé mentale. Et de nombreuses études démontrent l’efficacité et la rentabilité économique de nos interventions, bien souvent supérieures à l’usage de la pharmacothérapie.

Les psychologues, pour leur part, ont à faire l’investissement le moins rentable de tous les profils universitaires : après 7 ou 9 années d’études (selon D.Ps. ou Ph.D.), ils se retrouvent à commencer à travailler presqu’une dizaine d’années après le travailleur moyen et à un salaire qui ne tient pas compte de leur degré de formation. Le niveau salarial du secteur public ainsi que des conditions de travail de plus en plus difficiles ne les attirent pas : ils choisissent bien souvent la pratique privée. Une situation qui met en péril l’avenir des services de psychologie au sein non seulement du système de santé, mais également au sein du système d’éducation, soit dans les écoles primaires et secondaires.

Pour ces raisons donc, pour l’avenir de la profession et pour protéger les services à la population, les psychologues conviennent de la nécessité de se mobiliser. De leur côté, les principaux syndicats se sont engagés à planifier des activités de mobilisation prochainement.

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