Entrevue avec la Dre Camirand, psychologue en pratique privée
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Je suis Elisabeth Camirand, psychologue. Je pratique depuis 2021. J’ai fait ma formation à l’UQAM (Bac et doctorat) puis j’ai effectué mon internat au CUSM en 3ème ligne de santé mentale. C’est au cours de cette expérience que j’ai commencé à rencontrer des personnes en détresse et ai commencé à m’intéresser à la prévention du suicide. Actuellement, j’exerce en pratique privée auprès d’adolescents et d’adultes. Je mène également des consultations et des actions de sensibilisation auprès des professionnels en interventions psychosociales notamment sur le thème de la prévention du suicide.
Concernant notre thématique du mois sur la crise suicidaire et la prévention du suicide, quel serait le message que vous aimeriez transmettre ?
« En normalisant les pensées suicidaires auprès des jeunes clients, il est possible d’observer un soulagement chez eux. Ils constatent qu’ils peuvent parler de leurs pensées sans honte et sans que cela équivaut à une orientation vers l’hôpital. »
Les adolescents et jeunes adultes peuvent être vulnérables face aux pensées suicidaires. Comment aborder avec eux ce sujet ?
Les jeunes clients peuvent avoir peur de leurs propres pensées et d’en parler. Ils peuvent avoir l’impression qu’on ne comprendra pas leur souffrance, qu’on pourrait la minimiser ou, au contraire, les dénoncer à leurs parents sitôt qu’ils se confient. En ce sens, il est important de ne pas minimiser les pensées suicidaires (par exemple, en employant des euphémismes comme « pensées sombres ») mais de les voir comme des symptômes d’une détresse importante, et les normaliser comme tel. Il faudrait demander aux jeunes s’ils ont déjà eu des pensées suicidaires de la même façon que nous demanderions s’ils ont déjà eu d’autres types de symptômes (telles que les attaques de panique) et ne pas se sentir soit même inquiets face à ce sujet. En normalisant les pensées suicidaires auprès des jeunes clients, il est possible d’observer un soulagement chez eux. Ils constatent qu’ils peuvent parler de leurs pensées sans honte et sans que cela équivaut à une orientation vers l’hôpital. En conceptualisant les pensées suicidaires comme des portes de sorties vers lesquelles le cerveau se dirige pour échapper à la souffrance, il est possible de construire une nouvelle compréhension de la souffrance et de trouver d’autres portes plus adaptées.
Vous rencontrez à la fois des adolescents et des adultes, voyez vous des différences dans leur façon d’exprimer leur détresse et notamment leurs pensées suicidaires ?
Les adolescents peuvent être plus impulsifs que les adultes. J’observe parfois chez eux une progression plus rapide des séquences de détresse. Ils peuvent plus rapidement passer à l’acte que les adultes, ou pratiquer des auto-agressions. Les adultes vont davantage traverser des phases dans lesquelles ils vont tenter de s’ « auto-médiquer » et à rationaliser leur souffrance, bien que des gestes impulsifs puissent également survenir.
Plusieurs recherches ont relevé une augmentation de la détresse et des idéations suicidaires durant la pandémie de Covid-192. Cette période a été particulièrement éprouvante pour les jeunes. Avez-vous observé cette tendance dans votre pratique ?
C’est un effet que j’ai pu observer. En séance, lorsque nous réalisons la ligne du temps pour de jeunes clients, il est récurrent que la pandémie soit nommée comme ayant joué un rôle de catalyseur sur des troubles déjà présents soit comme ayant fait apparaitre des enjeux anxieux ou dépressifs qui n’étaient pas présents ou n’étaient pas encore des troubles cliniques.
Depuis la pandémie, les enjeux liés à la santé mentale et aux troubles qui y sont associés sont davantage abordés et diffusés auprès du grand public. Est-ce que cela montre des effets concrets, notamment chez les jeunes ?
Parler de santé mentale est important. Cela peut se faire sous la forme de contenus éducatifs ou ludiques. Des séries et des médias abordant la santé mentale, même de façon secondaire, permettent d’ouvrir le dialogue. Les témoignages de célébrité ont également un grand impact et résonnent beaucoup chez les adolescents. Pour eux, le fait que ce sujet soit plus abordé leur donne le sentiment de ne pas être seul et d’avoir les mots pour parler de ce qu’ils traversent ou de ce qu’ils observent chez leurs proches et leurs amis. Cela participe au phénomène de normalisation à la fois des enjeux de santé mentale et de la recherche d’aide. Les jeunes générations se sentent plus confortables à l’idée d’aller vers l’hôpital ou les consultations en psychothérapie pour chercher de l’aide.
Les réseaux sociaux constituent également une source d’informations prisée pour les adultes et les adolescents3. Peuvent ils participer à la diffusion de contenus positifs sur la santé mentale ?
Avec les réseaux sociaux et le fait d’y retrouver des personnes qui vivent des enjeux similaires aux siens peut créer un sentiment de soutien et d’appartenance. Cela peut être une aide, mais cela peut parfois devenir une nouvelle source de difficultés lorsque les jeunes commencent à aller mieux car cela signifie sortir de la communauté et risquer de perdre le groupe. Ils se posent alors la question : « Suis-je encore légitime pour être dans le groupe » ?
La diffusion d’informations sur les enjeux liés à la santé mentale favorise-t-elle les échanges à ce sujet en dehors d’Internet ?
Plusieurs jeunes perçoivent leurs amis comme un espace sécuritaire pour parler de ce qu’ils vivent. J’observe même de plus en plus de jeunes hommes qui indiquent se tourner vers leurs amis masculins comme source de soutien émotionnel lorsqu’ils ne vont pas bien. Toutefois, il existe encore une forme de tabou entre pairs autour des enjeux de santé mentale4, surtout à une période du développement où la perception sociale revêt une importance particulière et la peur d’être différent est prééminente. Cela est très dépendant au milieu et il n’est pas possible de faire des généralisations.
Quelle place et quel rôle peuvent jouer les familles dans la prévention du suicide chez les adolescents et jeunes adultes ?
Je reçois des adolescents qui ont plus de 14 ans et qui peuvent aller seuls et consentir seuls aux soins. Je rencontre les parents pour faire des points de suivi avec l’accord du client. Si le jeune a de bonnes relations avec sa famille et qu’elle est soutenante, je vais généralement lui recommander d’en parler avec ses parents pour consolider un filet de sécurité. Nous pouvons travailler ensemble pour trouver un langage commun et collaborer avec la famille. Cela peut être un levier pour favoriser l’accès aux soins hors et dans l’hôpital. L’équilibre entre le secret professionnel dû au mineur et l’implication des parents nécessite une évaluation rigoureuse, en particulier en situation de crise suicidaire où le devoir de protection (ou la levée du secret professionnel en cas de danger grave et imminent) prime5.
« Comme humains, il est compréhensible que le thème du suicide puisse nous faire réagir, et générer en nous une crainte pour la sécurité de quiconque évoque ce type de pensées. Cependant, comme cliniciens, je pense que nous gagnons à démystifier cette forme de souffrance et développer notre confort à en discuter sans tabou. »
Le sujet de la crise suicidaire peut être intimidant, notamment pour les jeunes professionnels. Auriez-vous des conseils à leur transmettre ?
Je les encouragerai à accueillir les sentiments d’inconfort voire d’impuissance que cela peut déclencher en eux. Notre travail en tant que clinicien est d’accueillir les paroles des clients et de pouvoir en discuter comme nous le ferions pour tous types de symptômes. Nous pouvons ressentir un certain malaise mais celui-ci ne nous fera pas automatiquement peser sur le bouton panique. Nous allons accompagner le client et l’aider à trouver son propre chemin au-delà de la souffrance. Si nous nous sentons trop confronté par les propos ou la souffrance du client, ou si nous nous sentons confrontés par nos propres représentations, nos émotions ou nos remises en question, nous pouvons l’aborder et le travailler en supervision.
Vous avez vous-même connu ce sentiment de peur et d'impuissance au début de votre parcours. Comment cette expérience a-t-elle influencé votre façon d'accompagner aujourd'hui les personnes qui vous parlent de pensées suicidaires ?
Je me souviens d’une sorte de vide, un gouffre qui s’est installé au creux de ma poitrine, la première fois que j’ai entendu quelqu’un me confier ce genre de pensées. Comme si le plancher avait disparu sous mes pieds. Je n’étais pas encore psychologue. Même pas encore aux études dans ce domaine. Je ne savais pas comment réagir. Mais je me souviens que j’ai eu peur. Immensément peur. Je crois que c’est le fait d’évoquer la mort comme quelque chose de possible, d’imminent, qui entraîne naturellement cette réaction chez la plupart d’entre nous. Nous avons soudainement ce sentiment de peur, de panique, que nous pourrions voir la personne devant nous disparaître. Nous la sentons en danger, et nous ne voulons qu’une chose : la sauver. Agir. L’empêcher de se faire du mal.
Il y a quelque chose de doux dans cette peur, je crois. Un rappel de notre humanité et de notre réflexe de vouloir aider ceux qui souffrent au point de vouloir cesser de vivre.
Mais est-ce toujours ce dont ces personnes ont besoin ?
Depuis, les années ont passé. Je suis passé à travers ma formation académique, scientifique, et clinique, et le regard que je pose aujourd’hui sur cette souffrance, et comment accompagner ceux qui la vivent, a évolué.
Je travaille avec les adolescents. Je suis une témoin privilégiée de leurs hauts et bas, des tourments émotionnels qui accompagnent souvent cette période de transformations majeures dans leur vie. Pour plusieurs d’entre eux, cette période peut être particulièrement complexe à naviguer et la détresse ressentie peut être vécue de manière intense. C’est pourquoi il n’est pas rare que j’aie devant moi un de « mes » ados, qui me confie dans le secret et la sécurité de nos rencontres, qu’il ou elle souffre de pensées suicidaires. Je mets le terme « souffre », car ce n’est jamais un choix, ce n’est jamais volontaire, c’est toujours l’expression d’une souffrance à laquelle ils cherchent désespérément une porte de sortie.
Je crois que comme psychologue, une de mes tâches prioritaires et impératives, lors de ces instances, est d’accueillir le dévoilement qui m’est confié avec douceur, empathie, et surtout, en prenant le temps de normaliser avec mon ou ma patient.e ce qu’il ou elle vit. De lui démontrer, par mes propos et ma posture, que l’on peut parler de pensées suicidaires sans panique, sans minimiser ni dramatiser la situation. De l’explorer, finalement, comme nous discutons de n’importe quelle difficulté à surmonter.
Bien sûr, comme clinicienne, je me dois de garder un œil attentif à la présentation de la détresse de mon ou ma patient.e, et évaluer le niveau de risque à sa sécurité pour identifier les meilleures pistes d’intervention. Mais avant toute chose, j’observe à travers mon expérience que le fait de normaliser ces difficultés et d’en parler sans tabou peut amener un immense soulagement à nos patients, les rendre plus à l’aise de s’exprimer sur leur détresse et considérer avec plus d’ouverture les pistes d’interventions que nous pouvons leur suggérer. Comme humains, il est compréhensible que le thème du suicide puisse nous faire réagir, et générer en nous une crainte pour la sécurité de quiconque évoque ce type de pensées. Cependant, comme cliniciens, je pense que nous gagnons à démystifier cette forme de souffrance et développer notre confort à en discuter sans tabou.
Existe-t-il des pistes ou des lignes directrices permettant de déterminer quand passer à un mode d’intervention plus soutenu ?
Lorsqu’un client aborde des pensées suicidaires, nous allons évaluer la sécurité et le risque imminent. Nous pouvons utiliser des grilles d’évaluations mais il n’existe pas de ligne de démarcation objective permettant de « prédire » le passage à l’acte6. Certaines personnes peuvent sembler avoir un plan mais elles ne le concrétiseront pas tandis que d’autres qui évoquent des idées passives en séance peuvent passer à l’acte peu de temps après. Nous pouvons nous appuyer sur notre jugement clinique pour évaluer la situation et la mettre en mots. Il est important d’avoir conscience que nous ne pouvons pas voir ce qui n’est pas exprimé. Si nous n’avons pas d’obligation de résultat, nous conservons une obligation de moyens rigoureuse.
Je vous remercie pour cette entrevue.
L'essentiel en bref :
- Changement de paradigme sur les pensées suicidaires : normaliser leur présence, déstigmatiser, les considérer comme des symptômes, élaborer des stratégies avec la personne pour sortir de la détresse
- Normaliser n’est pas minimiser. Parler du suicide et des pensées suicidaires n’augmente pas le risque de passage à l’acte. Les pensées suicidaires peuvent survenir chez des personnes en détresse et il est possible d’en parler sans honte ni panique. Leur présence doit néanmoins toujours être prise au sérieux et faire l’objet d’une évaluation de la sécurité.
- L’importance des évaluations cliniques structurées et contextualisées prenant en considération l’idéation, l’intention, le plan, l’accès aux moyens, les antécédents, les changements récents, la qualité du soutien social perçu, les facteurs de protections, ainsi que la capacité de la personne à rester en sécurité
- Avoir conscience des différences cliniques selon l’âge et améliorer le dialogue avec les jeunes
- Comprendre les impacts du numérique et de la diffusion des discours sur la santé mentale et la prévention du suicide
- La reliance aux pairs en ligne comme substitut thérapeutique et la nécessité d’accompagner la transition vers des liens sociaux réels et sécures pour éviter l’isolement ou la culpabilisation de la guérison.
- Implication de l’entourage et des familles
- Posture professionnelle et clinique rigoureuses : L’acceptation du malaise professionnel, l’importance de la supervision et la reconnaissance du jugement clinique face à l’imprédictibilité du passage à l’acte renforcent la qualité de la prise en charge.
Ressources
Recommandations officielles (en français et en anglais) :
- Reconnaitre les signes de détresse, prévenir le suicide et déterminer quand et comment intervenir, recommandations officielles :
- Québec : https://www.quebec.ca/sante/sante-mentale/s-informer-sur-sante-mentale-et-troubles-mentaux/reconnaitre-signes-detresse-et-prevenir-suicide?utm_source=chatgpt.com
- Canada : https://www.canada.ca/en/public-health/services/suicide-prevention/warning-signs.html?utm_source=chatgpt.com
- Royaume Uni (NICE) : https://www.nice.org.uk/guidance/ng225/chapter/recommendations#risk-assessment-tools-and-scales
Ressources en ligne gratuites en français :
- https://suicide.ca/fr/
- Elaboration d’un plan de sécurité : https://suicide.ca/fr/parlons-suicide/sinformer-sur-le-suicide/guide-de-soutien-a-lelaboration-du-plan-de-securite
- Dossier de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) https://www.inspq.qc.ca/nouvelles/les-comportements-suicidaires-au-quebec-portrait-2025
Bibliographie
Castillejos, M. C., Huertas, P., Martín, P., & Moreno Küstner, B. (2021). Prevalence of Suicidality in the European General Population: A Systematic Review and Meta-Analysis. Archives of Suicide Research, 25(4), 810–828. https://doi.org/10.1080/13811118.2020.1765928
Clarke, J., & van Amerom, G. (2008). A Comparison of Blogs by Depressed Men and Women. Issues in Mental Health Nursing, 29(3), 243–264
Dubé, G., Legault, R., Dorfman, A. et al. (2024). Evidence of higher suicidal ideation among young adults in Canada during the COVID-19 pandemic. Scientific Reports, 14, 18315, https://doi.org/10.1038/s41598-024-68823-8
Liu, L., Contreras, G., Pollock, N. J. & Thompson, W. (2024). Suicidal ideation among Canadian adults during the third year of the COVID-19 pandemic compared to pre- and early pandemic periods, Mental Health & Prevention, 36 200379, https://doi.org/10.1016/j.mhp.2024.200379
Orri, M., Scardera, S., Perret, L.C. et al. (2020). Mental Health Problems and Risk of Suicidal Ideation and Attempts in Adolescents, Pediatrics, 146(1), e20193823
Notes
1 En effet, la littérature scientifique montre que les idéations suicidaires (c’est-à-dire les pensées et préoccupations autour de comportements auto-agressifs, voire suicidaires) se manifestent de multiple façon allant de la pensée de mort « passive » à la préparation d’un plan de passage à l’acte. Dans leur revue systématique de la littérature, Castillejos et al. (2021) établissent que 20.27% des européens expriment un souhait de mort à un moment de leur vie mais que seulement 2.88% d’entre eux passent à l’acte. Dans une étude longitudinale portant sur 1618 québécois, Orri et al. (2020) rapportent des résultats équivalents pour la prévalence sur l’ensemble de la vie. Ils relèvent que 9.8% des jeunes québécois de moins de 20 ans présentent des idées suicidaires et 6.7% commettent une tentative de suicide.
2 Liu et al. (2024), tout comme Dubé et al. (2024), ont observé une augmentation de la prévalence des idées suicidaires chez les adultes canadiens
3 Actuellement, 90% de la population au Canada prend ses informations sur internet (source: https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-10590996/pres-90-canadiens-s-informent-en-ligne-sur-leur-sante) et 32% sur les réseaux sociaux plutôt que via un médecin (source : https://comsante.uqam.ca/combien-de-patients-et-de-medecins-utilisent-les-medias-sociaux-pour-la-sante-et-quy-font-ils/).
4 Clarke & van Amerom (2008) avaient observé que certains utilisateurs d’internet s’exprimaient plus facilement sur leur santé mentale au travers des blogs et forums qu’auprès d’autres personnes dans le monde physique, y compris des professionnels de santé.
5 La question du maintien ou de la levée du secret professionnel est abordée dans l’article 60,4 du Code des professions (« Le professionnel peut en outre communiquer un renseignement protégé par le secret professionnel, en vue de prévenir un acte de violence, dont un suicide, lorsqu’il a un motif raisonnable de croire qu’un risque sérieux de mort ou de blessures graves menace une personne ou un groupe de personnes identifiable et que la nature de la menace inspire un sentiment d’urgence. Toutefois, le professionnel ne peut alors communiquer ce renseignement qu’à la ou aux personnes exposées à ce danger, à leur représentant ou aux personnes susceptibles de leur porter secours. Le professionnel ne peut communiquer que les renseignements nécessaires aux fins poursuivies par la communication. ») et l’article 18 du code de déontologie (« Le psychologue peut communiquer un renseignement protégé par le secret professionnel, en vue de prévenir un acte de violence, dont un suicide, lorsqu’il a un motif raisonnable de croire qu’un danger imminent de mort ou de blessures graves menace une personne ou un groupe de personnes identifiable. Toutefois, le psychologue ne peut alors communiquer ce renseignement qu’à la ou aux personnes exposées à ce danger, à leur représentant ou aux personnes susceptibles de leur porter secours. Le psychologue ne peut communiquer que les renseignements nécessaires aux fins poursuivies par la communication. »)
6 À ce propos, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) invite à la prudence concernant l’emploi des échelles d’évaluation du risque suicidaire. Le NICE précise que ces outils ne peuvent être utilisés dans une visée prédictive du passage à l’acte et ne peuvent pas être les seuls facteurs permettant aux professionnels de déterminer le type de soins à proposer et l’urgence à proposer des traitements. L’évaluation du risque suicidaire est donc multifactorielle et repose à la fois sur une évaluation clinique structurée et contextualisée ainsi que sur des évaluations objectives.